Situation en Pologne, juin 2005
Rapport par Anna Rzymska à la réunion internationale en Paris, le 18 juin 2005.
SITUATION GENERALE
Actuellement, le gouvernement est social-démocrate, jusqu’aux prochaines élections le 25 septembre (Pour information, les sociaux-démocrates sont les ex-membres du parti communiste). Pour les prochaines élections parlementaires en septembre, la droite gagnera en majorité ; il y a quatre ans, les sociaux-démocrates avaient un appuie de 40 % du peuple et maintenant, deux des plus grands parties sociaux-démocrates vont à peine passer la barrière des 5% nécessaires pour accéder au parlement. Tout ceci est le résultat d’une politique anti–ouvrière menée par les sociaux-démocrates ;
CLASSE OUVRIERE
A la fin 2004, 20% de la population active était au chômage. Selon GUS, l’équivalent d’IPSOS en France, sur 38 millions de Polonais,
- 23 millions, ne gagnaient que le minimum social,
- 4 millions, soit environ 10 %, gagnaient le minimum vitale ; ils était juste au dessus du seuil de pauvreté,
- 7 millions, vivaient dans la misère totale.
Deux syndicats, OPZZ (syndicat ex-communiste) et Solidarność, sont passifs. Le nombre de grèves est très bas ; les employeurs ne respectent pas le code de travail qui est pourtant néo-libéral car ces derniers savent qu’en cas de procès, celui-ci durera des années.
Dans plusieurs secteurs économiques, par exemple (ventes en grandes surfaces), la journée de travail de huit heures n’est pas respecté. De plus, même si les syndicats sont légaux, en réalité, tout fondateur de syndicat dans une entreprise privée se voit licencié. Environ deux millions d’employés touchent leur salaire avec un retard.
La corruption est un des principaux traits caractéristiques des syndicats en Pologne ; il est intéressant de savoir aussi que, les chefs de syndicat dans une entreprise gagnent quelquefois plus que les autres employés de cette même entreprise, et ceci sans compter les autres privilèges. Ils acquièrent ce statut en donnant des informations aux patrons et en les aidant en licenciements.
GAUCHE REVOLUTIONNAIRE EN POLOGNE
En Pologne la gauche révolutionnaire et le mouvement altemondialiste sont très faibles mais existent. Habituellement les manifestations de la gauche anticapitaliste à Varsovie regroupent quelques centaines de personnes. La plus grande manifestation jamais organisée, pendant le Forum Economique Européen en avril 2004, comptait 4 mille personnes.
La gauche anticapitaliste organisée, est constituée de deux cents personnes sans compter le Parti Communiste Polonais qui est en faite l’organisation de retraités qui ne sont actif que pour leur parti et ne participent à aucune manifestation. On dénombre aussi deux cents anarchistes, qui coopèrent avec la gauche anticapitaliste pendant les manifestations.
La gauche anticapitaliste est constituée de :
- Nouvelle Gauche
- Démocratie Ouvrière
- Courant de la Gauche Révolutionnaire
Nouvelle Gauche est une organisation centrée sur une seule personne qui est l’ex-député (Piotr Ikonowicz), c’est d’ailleurs ce « chef » qui vaut à l’organisation d’être médiatisée. L’organisation regroupe 60 personnes dont la moitié à Varsovie. Elle est la seule à disposer d’un local, par contre elle n’a aucun journal à son actif.
Démocratie Ouvrière fait Parti de SWP. C’est la seule organisation qui possède des employés. Elle regroupe environ 50 personnes dont la moitié à Varsovie.Comme partout les organisations de SWP, DO n’est pas une organisation démocratique, pluraliste, ne coopère pas avec les autres organisations de la gauche révolutionnaire.
Courant de la Gauche Révolutionnaire regroupe 30 personnes. Le problème de cette organisation est qu’elle ne dispose que d’une seule cellule active de dix personnes à Varsovie. Elle est constituée aussi bien des trotskistes orthodoxes que des partisans du socialisme du troisième camp. Elle publie un journal Dalej ! (En avant ! ). Elle est constituée d’une trentaine de pages environ, c’est un journal de bonne réputation d’ailleurs, mais qui, malheureusement, n’a pas de sortie à date fixe. 600 exemplaires ont été édités lors du dernier numéro.
Cette organisation est dotée de scientifiques, d’où son image « d’organisation d’intellectuelles ». Cependant il n’y a pas que des scientifiques, un des membres de CGR est syndicaliste depuis des années dans une des plus grandes usines de voitures en Pologne.
CGR organise des distributions des tracts, des rendez-vous publiques, par exemple en avril avec les membres du groupe pacifique Marhaba originaire du Proche Orient.
NOTRE VISION DU SOCIALISME DU TROISIEME CAMP
Nous sommes d’avis que La Quatrième Internationale est la plus grande organisation et aussi la plus réaliste, qui intervient vraiment dans la lutte ouvrière ; c’est pour ça que l’on devrait essayer d’instaurer un dialogue politique avec leurs membres.
On pense qu’il faut plus de coordination entre les groupes du troisième camp, nous sommes prêts à différents types de coopération comme traduire des textes en polonais, des actions de pétitions, les enquêtes, ou des rendez-vous publiques.
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