Support ex-Muslim LGBT peoples’ right to protest

Author: 

Simon Nelson

The presence of the Council of Ex-Muslims of Britain (CEMB) on London Pride has caused a politically awful backlash by the left and others. Counterfire commented “Islamophobic placards have no place at Pride”. Socialist Worker state, “a small group of around ten racists also joined the parade with placards attacking Muslims.” This was followed by an official complaint against them by the East London Mosque.

Counterfire compared some of the placards carried by the CEMB as “something the EDL or a Nazi would carry... so how were they even allowed on the parade?” What did the placards say? “Fuck Islamic Homophobia”, “Allah is Gay”, “Protest Bigotry Defend Blasphemy”, “Throw ISIS off the Roof” and “East London mosque incites murder of LGBT” among others.

Maryam Namazie the groups spokesperson has defended their stance: “We were Muslims once; our loved ones are Muslims... And fascists and bigots cannot tell any of us apart anyway. We all look the same to them. But as a minority within a minority facing serious threats to our lives, shunning, ostracisation, discrimination (and that’s only in Britain), is it fair to ask us to remain silent because of other forms of persecution or bigotry?

“Why can we not confront racism and homophobia, bigotry and hatred against apostates, women, blasphemers… To do that, we have to be able to criticise the far-Right (including our far-Right — the Islamists) and religion and regressive beliefs.”

The East London mosque say that the placards incited hatred against Muslims and that the mosque has played a role in combatting homophobia in the Muslim community. CEMB counter that some mosques and universities and their student unions are happy to invite preachers that call for the death penalty for homosexuality and apostasy.

While we might not endorse all the slogans or the way that the “Fuck Islam” part of “Fuck Islamic Homophobia” was in a different colour, we stand fully behind CEMB in their right to be on Pride and to use the slogans they did. The East London Mosque has invited speakers sympathetic, or affiliated, to Jamaat-e-Islami, the Bangladeshi Salafist group that has no qualms with calling for the death of LGBT Muslims.

CEMB say in their statement that they consider all religions to be homophobic and as ex-Muslims their target is understandably the faith of their background. Offence is no good reason to restrict free speech, but when those who are offended choose to back themselves with threats, it becomes more important that groups like CEMB are able to make themselves heard.

Pride have confirmed that the complaint has been referred to their community advisory board adding that; “While our parade has always been a home to protest, which often means conflicting points of view, Pride must always be a movement of acceptance, diversity and unity. We will not tolerate Islamophobia.”

CEMB respond with; “There were for sure some Muslims who were offended by our presence and others who supported us, as there were some Christians who were offended by placards poking fun at Christianity and others who found them funny.”

“Criticism of Islam or Islamism is not anti-Muslim bigotry just as criticism of Christianity or the DUP is not anti-Christian bigotry.

“CEMB plans to be at Pride next year and every year and hopes the community advisory board sides with dissenters and those fighting for LGBT rights and not those inciting hatred against Muslim and ex-Muslim LGBT.”

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Soutenir le droit des LGBT ex-musulmans de protester

Auteur : Simon Nelson

La présence du Conseil des Ex-Musulmans de Grande-Bretagne (CEMB - Council of Ex-Muslims of Britain ) lors de la London Pride a suscité une forte réaction politique à gauche et chez d’autres.
Counterfire (1) a commenté que "les pancartes islamophobes n'ont pas leur place lors de la Pride". Socialist Worker (2) a déclaré qu’"un petit groupe d'une dizaine de racistes a également rejoint le défilé avec des pancartes attaquant les musulmans". Cela a été suivi d'une plainte officielle contre eux déposée par la Mosquée de East London.

Counterfire a comparé certaines des pancartes portées par le CEMB à « quelque chose que l’EDL(3) ou un nazi pourrait porter... aussi comment ces gens ont-ils pu être autorisés dans le cortège ? »

Que disaient ces pancartes ? « Fuck l’homophobie islamique ! », « Allah est gay », « Contestons la bigoterie ! Défendons le droit au blasphème ! » « Jetons ISIS (Daesch) du haut des toits (4) » et « La mosquée d’East London incite au meurtre contre les LGBT » parmi d’autres.

Maryam Namazie (5), la porte-parole du groupe, a défendu ainsi leur prise de position : « Nous avons été musulmans autrefois, les proches que nous aimons sont musulmans. Et les fascistes et les bigots ne peuvent pas dire qu'aucun d'entre nous est en dehors (de cette communauté) de toute façon. Nous sommes tous les mêmes pour eux. Mais en tant que minorité au sein d’une minorité, nous faisons face à de sérieuses menaces contre nos vies, à l’évitement, à l’ostracisation, à la discrimination (et seulement cela parce qu’on est en Grande-Bretagne!). Est-il acceptable de nous demander de rester silencieux parce qu’il y a d’autres formes de persécution ou de bigoterie ? »
« Pourquoi ne pourrions nous pas nous confronter au racisme et à l’homophobie, à la bigoterie et à la haine contre les apostats, les femmes et les blasphémateurs ? Pour faire cela, nous devons pouvoir critiquer aussi bien l’extrême-droite ( y compris notre extrême-droite, les islamistes) que la religion et les croyances régressives ! »

La mosquée d’East London dit que les pancartes incitaient à la haine contre les musulmans et que la mosquée a joué un rôle en combattant l’homophobie au sein de la communauté musulmane. Le CEMB réplique que certaines mosquées et universités et même des syndicats étudiants sont heureux d’accueillir des prédicateurs qui appellent à la peine de mort pour homosexualité ou pour apostasie (6).

Bien que nous n’endossions pas nécessairement tous les slogans tels que « Fuck Islam » ou la façon dont la partie « Fuck Islam » était de couleur différente dans le slogan « Fuck Islamic Homophobia », nous soutenons complètement le droit du CEMB de participer à la London Pride et d’avoir leurs slogans. La mosquée d’East London a invité des orateurs sympathisants ou affiliés à Jamaat-e-Islami, le groupe salafiste bangladais, qui n’a aucun scrupule à appeler à la mise à mort des LGBT musulmans.

Le CEMB affirme que leur déclaration considère toutes les religions comme homophobes, et qu’en tant qu’ex-musulmans, ils ciblent de façon tout à fait compréhensible la foi de leur milieu d’origine. L’offense n’est pas une raison valable pour restreindre leur liberté d’expression, mais quand ceux qui se disent offensés choisissent de recourir aux menaces, alors il devient plus important que des groupes comme le CEMB soient capables de se faire entendre.

L’organisation de la Pride a confirmé que la plainte avait été transmise au conseil consultatif de leur communauté, ajoutant que « notre parade a toujours offert un toit pour le droit de protester, ce qui a souvent signifié une situation avec plusieurs points de vue conflictuels, mais la Pride doit toujours rester un mouvement d’acceptation des autres, de diversité et d’unité. Nous ne tolérerons pas l’islamophobie »

Le CEMB a répondu qu’ « Il est certain qu’il y avait des musulmans qui ont été offensés par notre présence mais d’autres nous ont soutenus, de même qu’il y avait certains chrétiens qui étaient offensés par les pancartes se moquant du christianisme et d’autres qui les trouvaient marrantes ».
La critique de l’Islam ou de l’islamisme n’est pas de la bigoterie anti-musulmane, de même que la critique du christianisme ou du DUP (7) ne constitue pas une bigoterie anti-chrétienne.

Le CEMB prévoit d’être à la Pride l’an prochain et chaque année et espère que le conseil consultatif de la communauté gay prendra position du coté des dissidents et de ceux qui combattent pour les droits des LGBT et non du coté de ceux qui incitent à la haine contre les LGBT musulmans ou ex-musulmans.

Notes :

1) Counterfire est un groupe issu de la crise du SWP, le courant d’extrême gauche qui en Grande Bretagne a été le plus loin dans la théorisation d’un front unique anti-impérialiste avec les forces politiques islamistes. Counterfire n’a aucune divergence avec sa maison d’origine sur ce sujet.

2) Socialist Worker est le journal du Socialist Workers Party (SWP), une organisation qui a connu une forte influence mais qui est sur le recul après plusieurs crises internes, notamment dans le contexte actuel marqué par la résurgence de la gauche travailliste autour de la personnalité de Jeremy Corbyn.

3) EDL : English Defence League, équivalent anglais des Identitaires en France ou de Pegida en Allemagne.

4) Par référence à la pratique meurtrière systématique utilisée contre les gays dans les zones occupées par Daesch.

5) Maryam Namazie est une militante féministe et communiste-ouvrière d’origine iranienne. Voir sa fiche biographique sur Wikipedia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maryam_Namazie

6) Il y a eu en Grande-Bretagne plusieurs vives controverses sur certains campus ou au sein de certaines sections du syndicat étudiant sur le sujet de l’islamophobie avec une forte tendance à stigmatiser ou à vouloir étouffer les positions laïques ou féministes s’opposant aux islamistes tout en accueillant sans sourciller, au nom d’un anti-racisme fourvoyé, de funestes prédicateurs religieux débordant de haine homophobe ou féminicide.

6) DUP, parti unioniste protestant d’Ulster célèbre pour sa farouche bigoterie religieuse anti-catholique, actuellement promu partenaire gouvernemental de Theresa May dans la situation de crise ouverte par le Brexit.

Source :
http://www.workersliberty.org/node/31315