Deux peuples, deux États! [16/07/14]

Submitted by AWL on 26 July, 2014 - 2:31

Depuis la dernière série de bombardements aériens israéliens de la bande de Gaza qui a commencé le 8 juillet, environ 200 Palestiniens sont morts. 77% étaient des civils, selon les estimations des Nations Unies. Bon nombre étaient des enfants.

Le 14 juillet, Israël a mené une opération de troupes terrestres dans la bande de Gaza, et a dit qu'elle allait étendre sa liste de cibles à bombarder pour 'inclure les institutions civiles avec des liens présumés avec le Hamas, le parti islamiste qui gouverne la bande de Gaza. Étant donné que l'infrastructure politique du Hamas est sensiblement empêtré avec le fragile État de Gaza, cela pourrait inclure presque n'importe quelle cible qu'Israël choisit. Aussi, le 14 juillet, Israël a lancé une campagne de largage de dépliants pour informer les résidents du nord de la bande de Gaza d'évacuer comme il se préparait à élargir sa campagne de bombardements. Le Hamas a demandé aux Gazaouis de rester sur place.

Le mardi matin 15 juillet, Israël a annoncé qu'il avait accepté une proposition de cessez-le feu de l'Egypte, mais le Hamas a hésité, et plus tard ce jour-là Israël a bombardé de nouveau.

L'économie de Gaza, toujours mal en proie à des restrictions imposées par Israël, a réussi à croître de près de 15 pour cent en 2011 et de 7 pour cent en 2012. Le Hamas a également été stimulé par le «gouvernement d'unité» palestinienne annoncé le 2 juin de cette année, qui lui a permis d'espérer que les travailleurs du secteur public dans la bande de Gaza seraient payés par l'Autorité Palestinienne.

Cependant, depuis qu'un gouvernement dominé par les militaires s'est emparé du pouvoir en Egypte en juillet 2013, évinçant le président Morsi des Frères musulmans, l'Egypte a fermé un grand nombre de routes de Gaza vers le monde extérieur, et le chômage dans la bande de Gaza a augmenté. L'Autorité Palestinienne a essayé de gagner du temps pour le paiement des salaires: les travailleurs du secteur public dans la bande de Gaza sont en grève depuis le 26 juin.

Le Hamas veut mettre de la pression sur l'Egypte et Israël pour assouplir leur emprise sur la bande de Gaza. Le Premier ministre israélien de droite Netanyahu veut mettre le Hamas à l'écart, et est sous la pression d'une extrême-droite croissante en Israël.

Le conflit actuel s'est intensifié après que trois adolescents israéliens, Eyal Yifrach, Gilad Shaar, et Naftal Frenkel, aient disparus le 12 juin en Cisjordanie. Les forces israéliennes ont fait des descentes dans des milliers de maisons en Cisjordanie, arrêtant 570 Palestiniens et en tuant plusieurs autres (5 selon un rapport, 10 selon un autre) au cours du processus. Les adolescents ont été retrouvés morts près de la ville palestinienne d'Hébron, le 30 juin.

Des nationalistes juifs d'extrême-droite ont enlevé et assassiné un Palestinien de 16 ans, Mohammed Abu Khdeir le 2 juillet dernier. Le Hamas a commencé un barrage de tirs de roquettes, et a lancé près de 1000 roquettes sur les villes israéliennes. Il a également menacé d'attaquer l'aéroport international Ben Gourion de Tel Aviv. Jusqu'à présent, aucun Israéliens n'a été tué. Israël a répondu en bombardant Gaza.

Aucun État, affirment les nationalistes israéliens, ne devrait tolérer les tirs de roquettes, quoique mal visées et inefficaces, contre sa population civile. C'est le noyau rationnel de l'argument israélien. Mais les actions d'Israël vont bien au-delà de la légitime défense. Les bombardements aériens d'une zone densément peuplée, avec une population appauvrie et essentiellement captive, par l'un des États les mieux armés dans le monde sont si disproportionnés qu'ils portent atteinte à l'argument de la légitime défense.

Les Palestiniens, aussi, ont le droit de se défendre. Les roquettes du Hamas n'offrent pas cette défense.

Les bombardements d'Israël ne peuvent pas faire abstraction de l'oppression de longue date des Palestiniens par Israël. De même, les roquettes du Hamas sont dirigées contre des civils et doivent être considérées dans le contexte du projet social et politique du Hamas. Le Hamas est un parti politique clérico-fasciste, qui, malgré les récentes concessions à la diplomatie bourgeoise de certains de ses dirigeants, affirme son hostilité au peuple juif israélien, existant même dans la Palestine historique.

La guerre d'Israël contre le Hamas ne peut pas avoir un résultat progressiste. Alors qu'Israël continue la construction de colonies en Cisjordanie; tandis qu'il garde la population de Gaza en état de siège semi-permanent; qu'ils discrimine contre les Arabes à l'intérieur de ses frontières; et qu'il fait fonctionner un régime de murs et de points de contrôle, il crée les conditions dans lesquelles le Hamas se développe.

Le seul moyen de sortir de ça est la paix. Et pour la paix Israël détient toutes les cartes. Mettre fin au siège de Gaza, démanteler les colonies de Cisjordanie, assurer l'égalité des Arabes israéliens, et de reconnaître aux Palestiniens leur droit de mettre en place un État véritablement indépendant dans un territoire contigu aux côtés d'Israël permettrait la paix - et la sécurité pour le peuple d'Israël.

L'espoir pour l'avenir des deux peuples israélien et palestinien réside dans le potentiel politique des mouvements ouvrier, féministe, et LGBT palestiniens, et le potentiel du mouvement ouvrier et internationaliste et de la gauche anti-guerre à l'intérieur d'Israël. Ces mouvements peuvent fournir une alternative politique pour les Palestiniens et les Israéliens et qui transcendent le nationalisme et le chauvinisme des deux côtés.

On peut voir un aperçu de ce potentiel dans les manifestations qui ont eu lieu en Israël, le 3 juillet et le 13 juillet. Le 3 juillet, des milliers de personnes ont manifesté à Tel-Aviv pour réclamer la fin de l'atmosphère de l'incitation et de vengeance après la mort des adolescents israéliens. Le 13 juillet, des centaines d'activistes anti-guerre et de nombreux militants de la gauche politique israélienne, ont demandé la fin des bombardements, et ont fait face à des représailles violentes de la part des nationalistes d'extrême-droite.

Comme Yacov Ben Efrat, a écrit dans la revue israélienne de gauche Challenge après l'agression israélienne sur la bande de Gaza en 2010:

"La solidarité entre les travailleurs juifs et arabes est la seule façon de surmonter le cycle d'effusion de sang. L'intérêt suprême des travailleurs des deux côtés du conflit est de construire une alternative politique et sociale, égalitaire et humaine, contre un chauvinisme sioniste de droite et un fondamentalisme islamique qui mènent les peuples à la catastrophe ".


Traduction par Hugo Pouliot